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... on en parle
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| Cosmos
Music (France) - 11
juillet 2007 |
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Il
est toujours agréable de recevoir une bonne surprise. Ce disque en est
une. Paru en version vinyle en 1977, édité seulement à un millier
d’exemplaires, on ne peut pas dire que la sortie de l’unique album
de ce groupe suisse francophone ait bouleversé les foules. 30 après,
une version CD voit le jour. Mais pour l’occasion,
Christian Fues, guitariste et principal compositeur, a bien fait les choses et
pris l’option radicale de retravailler à la maison (ordinateur =
studio), réarranger et réenregistrer avec la technologie actuelle
l’ensemble de l’oeuvre originelle. En prenant soin d’inviter
certains des musiciens d’origine. D’un disque de prog tranquille,
catégorie "terroir et désespoir", qui ne fonctionnait qu’à
moitié (comme si le Lavilliers de Betty avait décidé de faire
du Pulsar !) on obtient une vraie fusée de prog intemporel
(comme si le Pulsar fiévreux de Strands Of The Future était culbuté
par le Lavilliers de "Noir et Blanc"), gorgé d’émotion à
fleur de peau et de moment de grâce. La nouvelle version de Trocarn (8
titres, de 2 à 21 minutes) fonctionne à merveille. A offrir aux
amoureux de Ange, Steve Hackett et Mike Oldfield,
ce qui fait beaucoup de monde, non !? Sans oublier ceux de Lavilliers et
Pulsar bien sûr !
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| Progpulsion
- 15 juillet 2007 |
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Au départ,
Trocarn est un LP tiré à 1000 ex en 1977, que son auteur a réenregistré
pour lui redonner des couleurs. La bonne idée! Voici un sympathique
album aux contours symphoniques et délicats, pouvant rappeler la mélancolie
de PULSAR, ou encore Harmonium, Ange et Genesis. La boîte à rythme,
plutôt bien employée ne dessert pas un résultat final convaincant. A
découvrir donc!
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Il
s'agit d'un concept album de 77 rejoué en 2007. Style Memoriance,
Pulsar, chant français. Avec un petit côté Oldfield / Hackett
pour
la musique. Du
bon boulot ..
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| Garden
Shed (Japon) -
27 août 2007 |
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ハケット、アンソニー・フィリップス・ファン注目!
77年のレア・シンフォ作から30周年記念としてリリースされた07年作。オリジナル作を元に現在のアイデアも加えられ、フランス語によるヴォーカルをジェネシスやマイク・オールドフィールド影響下のシンフォに溶け込ませ、ファンタジーのあるサウンドに仕立てている。ヴィンテージがミックスされた独特の芳香があり、空想的な詩情がガラス細工のように美しい。パートによってはPULSARを思わせる幻想性も現れ、時折入る女性ヴォーカルも天使のようだ。スイスというよりはフレンチ・シンフォのパースペクティヴがある。自主盤。
SWITZERLAND
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Il est toujours agréable
de recevoir une bonne surprise. Ce disque en est une, sortie des rives
du lac Léman (Nyon en Suisse). Enregistré en une semaine en 1977, édité
en version vinyle à un millier d'exemplaire seulement, on ne peut pas
dire que la parution de l'unique album de ce groupe francophone ait
bouleversé les foules à l’époque.
30 années après,
une version CD voit le jour ; hasard du calendrier ou contexte
favorable, à peu près en même temps que le nouveau et inattendu Pulsar
auquel il renvoie involontairement sur le plan musical. Et même
si la démarche des deux groupes est différente, les timbres de voix
des chanteurs, leur sensibilité en tant que guitariste, les ambiances
fragiles et nuageuses, les fortes évocations d’un certain passé
glorieux du prog’ symphonique sont autant de correspondances qu’il
est difficile d’ignorer.
Si l’effort créatif de Pulsar avec leur récent Memory
Ashes constitué de compositions inédites, semble à priori
plus évident, celui de Trocarn II qui reprend la plupart des
compositions du Trocarn première mouture, est tout compte fait plus
impressionnant. En effet,
Christian Fues
, guitariste suisse (que nous reste t’il aujourd’hui en mémoire du
prog’ suisse francophone? Galaad ?) et principal artisan
de Trocarn, a pour l’occasion bien fait les choses et ne
s’est pas contenté d’un dépoussiérage de surface. Il a pris
l'option radicale de retravailler l’ensemble de son oeuvre originelle,
de compléter et de prolonger les mélodies ainsi mieux maîtrisées,
d’étoffer et de réarranger les harmonies puis de réenregistrer le
tout dans son home studio
avec la technologie actuelle l'ensemble de l'oeuvre originelle. En
prenant même soin d'inviter certains des membres fondateurs du groupe.
On obtient à la sortie une oeuvre singulière, moderne et classique à
la fois. Et
à partir d’un disque de prog' tranquille, catégorie "terroir et
désespoir", qui en 1977 ne fonctionnait qu'à moitié, comme si le
Lavilliers de « Betty » se serait piqué de faire du Pulsar,
on obtient une vraie fusée de prog' intemporel, gorgée d'émotion à
fleur de peau et de moments de grâce; comme si le Pulsar emporté
par le vent de Strand of The future était culbuté par l’Ange
à l’inspiration magnifié de Guet Apens (1978), ce qui est particulièrement
flagrant sur « Malaise » (5 :41), troublante chanson
semi acoustique qui, déjà en 77 préfigurait le ton qu’allait donner
Ange au morceau «Le Berger ».
Bien
qu’il soit apparemment plus aisé de créer à partir d’une matière
déjà existante que de le faire ex-nihilo, ce foisonnement d’idées,
ces jaillissements d’inspiration, venant qui plus est du cerveau
d’un seul homme, sont dignes du plus grand intérêt voire d’éloges
que je n’hésite pas une seconde à faire, comme si ce disque rafraîchissant
avait été fait pour ma propre jouissance. Car me voilà une fois de
plus séduit sans trop de réserve par du prog’ produit à l’ombre
des Alpes. A tel point que j’en oublierais presque les inévitables
limites de la démarche : une production honorable, plus inventive
que flamboyante, le chant de
Christian Fues
plus attachant que puissant, les programmations rythmiques, discrètes
et variées, qui ne peuvent faire oublier l’absence du vrai batteur du
groupe d’origine.
Détails
que tout cela. La nouvelle version de Trocarn fonctionne à
merveille. De l’extraordinaire « Naïf » (9 :50),
croisement entre Steve Hackett et le meilleur Ange
symphonique, à « Le Paysan » (21 :52) qui m’émeut
comme ont pu m’émouvoir les deux pépites d’Hecenia ou
certaines oeuvres particulièrement inspirées de XII Alfonso, et
dont le final répétitif devrait imprégner nos esprits aussi longtemps
que l’a fait en son temps celui de Shadow Of The Hierophant
(Hackett - 1975), un morceau engendre l’autre avec sincérité,
humilité, simplicité qui sont l’inverse de la facilité et qui
n’empêchent pas l’inventivité; avec une absence de vulgarité,
tout droit sortie d’une époque révolue, loin des chemins démonstratif
et maintes fois piétinés qui font passer un riff de guitare hard prog
pour le summum de la créativité; et avec une émotion qui pourrait
passer pour de la sensibilité mais qui représente quelque chose
d’extrêmement important, car elle permet à l’homme sensible qui la
crée ou à celui qui la reconnaît et l’apprécie, de ressentir à
quel point l’art est une force nécessaire dans nos sociétés souvent
douloureusement mauvaises.
Le
sens de la vie a le goût de ce genre d’oeuvre, tombée de nulle part
et qui laisse une belle empreinte sur le point d’impact.
Habituellement, le temps est célèbre pour ses travaux de démolition.
Mais ici, la vie et le temps ont reconstruit quelque chose d’unique à
partir de la mémoire, de la volonté d’un homme et de son amour de la
musique progressive des seventies, du romantisme des premiers Genesis
(les arpèges du « Paysan » ou celles du « Condamné »)
à la fièvre de Shylock, le tout ciselé avec une finesse
d’estampe japonaise proche de celle d’un Vermillon Sand et
enluminé de l’or de nombreux chorus de guitare à la beauté de légende.
En respectant ses idéaux, Christian Fues
nous propose avec Trocarn II un album qui coule de source et pour une
fois, c’est l’eau qui pourrait donner des leçons à la source.
Alain
SUCCA
I
N T E R V I E W
Comment
s'est fait le choix des morceaux à reprendre sur ce Trocarn II.
"Lui seul le sait", écrit par Munoz, n'a pas été retenu;
et "L'assassin" un bon titre composé par tes soins, a été
visiblement été transformé en instrumental en 3 parties (mais ou est passé
la 2eme ?) puis rebaptisé "Le condamné". On connaît finalement
la destinée de cet assassin...
Au
départ, j’ai choisi un titre un peu au hasard dans le but de tester mes
nouveaux logiciels d’enregistrement informatiques (auparavant
j’utilisais de bonnes vieilles bandes 4 pistes). Je suis tombé sur « Le
paysan » de Trocarn, idéal à mes yeux puisqu’il comportait au
total neuf thèmes qui ne demandaient qu’à être développés. Puis je me
suis laissé emporter par le concept avec les autres titres de l’album
d’origine. C’est le morceau qui a subit le plus de liftings tout au long
du projet, me servant sans cesse de cobaye.
«
L’assassin » est le dernier titre que j’ai choisi pour compléter le CD
dont la durée était déjà de 57 minutes. J’ai supprimé la section
centrale chantée, estimant qu’elle n’apportait rien de transcendant à
l’ensemble. Finalement cette section sera peut-être réintégrée à un
prochain disque avec un développement très différent. Quand au changement
de titre, il est simplement dû au fait que l’image suggérée par la
musique correspondait mieux pour moi à l’épopée d’un « condamné
» qu’à celle d’un « assassin » (ne pas trop chercher, ça se
passe dans les neurones de l’artiste). C’est aussi le titre que lui
avait donné l’auteur des paroles d’origine,
Pascal Neumann
. « Lui seul le sait » a été composé par Manuel Munoz. Comme je
n’ai pas retrouvé sa trace je n’ai pu obtenir son autorisation. J’ai
donc laissé ce titre de côté pour l’instant.
Avec
Trocarn II c'est un retour au source, tes sources prog', ton 1er groupe
s'appelait Moonchild. Hommage à King Crimson ? Le son de ta guitare
électrique aujourd'hui tendrait à le confirmer. D'ailleurs, elle sonne
plus Fripp sur ce Trocarn II que sur le I. Anachronisme assumé?
Effectivement
« Moonchild » a été emprunté à Robert Fripp pour
donner le nom de mon premier groupe formé en 1974 par Victor Berridge,
à qui je dois de m’avoir ouvert les yeux sur
la planète King Crimson
et ses nombreux satellites. La
démarche musicale de Trocarn en 1977 était bien davantage ciblée
vers le fun que la recherche des sons, comme on peut le constater dans le
vinyle d’origine dont la production est pour le moins sobre, pour ne pas
dire sommaire. Prétendre « sonner Fripp » serait faire preuve
d’une vanité infinie dont je suis dépourvu. Si je m’en suis approché,
c’est bien involontairement. Ce sont bien plus les jeux de Steve
Hackett et de Mike Oldfield qui m’ont inspirés tout au long du
parcours. Dans
la nouvelle version de Trocarn j’ai passé beaucoup de temps à soigner
les sons de mes guitares. Ainsi ma vieille Gibson sonne plutôt Fender la
plupart du temps. Les filtres et autres bidouillages ont fait le reste.
Pendant
les années 80, tu as comme tout le monde voulu voir d'autres horizons, tu
as même repris du R. Sakamoto sur ton album solo en 1989. Tu écoutais
quoi d'autres à l'époque?
Je
n’ai pas du tout adhéré à la Punkmania qui a émergé fin 70’s-début
80’s. Ces années-là représentent pour moi le début d’un lent déclin
qui nous a mené à une sorte de désert musical dans les années 90. La
musique s’est rapidement recroquevillée dans un moule façonné par les
FM qui ont imposé un standard d’écriture basé sur un schéma immuable
refrain-couplet-break-refrain-refrain-pub (durée syndiquée à 2:30). On
sentait bien que la prog’ avait atteint ses limites et ne faisait que se
parodier.
Fan
de la première heure, j’ai suivi patiemment Genesis qui tentait de
prendre la tangente avec une musique désormais orientée « grand
public », perdant petit à petit de sa magie. Heureusement, Kate
Bush
nous a encore gratifié de quelques monuments au début des années 80. Puis
il y a eu Police,
U2,
Dire
Straits,
Ryuichi
Sakamoto,
Tears
for Fears
et bien sûr Peter
Gabriel qui
n’a pas cessé jusqu’ici de me surprendre. La musique francophone a pris
le pas chez moi avec des artistes tels que Balavoine,
Lavilliers,
Bashung,
Cabrel
ou Higelin.
La liste n’est pas exhaustive. Pendant cette période j’ai repris tous
mes textes avec des accompagnements plus « folk », mais en
sortant si possible des schémas classiques.
Trocarn
I date de 1977. Comment définissiez vous (si c'est le cas) votre musique à
l'époque?
Je
ne me souviens pas avoir jamais entendu parler de « rock progressif »
ces années là. Ayant enfin acquis le minimum de maturité pour évoluer
dans un groupe, je me suis lancé dans cette aventure sans me douter que
nous arrivions juste après la tempête, au moment où finissait
la fête. Pink Floyd
et son fameux mur allaient bientôt clore le bal. Notre musique se
voulait l’héritière d’Ange avec une identité francophone résolument
affirmée. Nous voulions y associer la théâtralité de Genesis au
niveau de la mise en scène lors des concerts (c’est du moins ce que nous
espérions). Chacun de nous était encore imprégné de l’aura de Peter
Gabriel que nous avions vu deux ans auparavant à Berne pour un ultime
concert de « The Lamb ». L’esprit était bon, peu importait le
style.
Pourquoi
te repencher aujourd'hui sur cette période (que tu revisites avec bonheur
et talent) plutôt que sur une autre?
J’ai
eu l’immense privilège de vivre mon adolescence dans les années 1970.
Cette période reste pour moi (comme pour beaucoup d’autres) l’une des
plus riches en matière d’innovations. Le parachèvement d’une véritable
révolution musicale amorcée lors de la décennie précédente. Je me
souviens d’un soir de 1972 où je suis tombé sur « Supper’s Ready »
de Genesis
en
enclenchant la radio (oui, j’ai dit la radio) : une véritable révélation.
Jamais je n’avais ressenti une musique aussi fort. Elle me collait littéralement
à la peau, juste inventée pour moi. Puis je suis tombé dans une marmite hétéroclite
dans laquelle mijotaient à
la fois Led
Zeppelin
, Ange,
Brel,
Deep
Purple,
Jethro
Tull,
Queen,
Bowie,
Oldfield
et
la galaxie Yes
pour ne citer qu’eux.
Comme
elle avait disparu des bacs, j’ai cru longtemps que la musique prog’
n’était plus perpétuée. De peur de paraître ringard je continuais à
écouter mes 70 en rasant les murs avec des lunettes noires. Puis, au début
des années 2000, j’ai fait la connaissance d’un collègue de
travail qui m’a révélé que cette musique survivait dans un monde parallèle.
Après l’avoir pris pour un fou j’ai redécouvert avec stupéfaction que
non seulement cette source ne s’était jamais vraiment tarie, mais
qu’elle inspirait de manière prodigieuse des groupes tels que The
Flower Kings, Spock’s Beards, IQ et autres Marillion
(pour lequel j’avais fait injustement l’impasse dès leur début considérant
qu’il s’agissait d’une pâle copie de Genesis). Une fois décomplexé
et après avoir rattrapé cet immense retard, cette période s’est imposée
naturellement dans le cadre de ce nouveau projet.
Pourrais
tu réagir (bien ou mal, voire les 2) sur ce petit texte qui parle de ton
disque : Ce disque est une vraie fusée de prog' intemporel, gorgé d'émotion
à fleur de peau, d’engagement et de moment de grâce, comme si le Pulsar
fiévreux de « Strand Of The Future » était culbuté par le Lavilliers
de « Noir et Blanc ».
C’est
plutôt flatteur, je t’en remercie. Ça va bien au-delà des « silences
polis » dont j’avais l’habitude jusque-là lorsque je faisais écouter
ma musique autour de moi. C’est donc déjà pour moi une grande récompense.
Ce type de musique mobilise toujours aussi peu de gens, à mon grand étonnement.
En même temps c’est ce qui en fait sa particularité. J’ai
l’impression de faire partie d’une sorte de loge franc-maçonnique où
seuls les élus se comprennent. Je me rappelle toujours de ma stupéfaction
en assistant à un des plus beaux concerts de ma vie lors de la venue des Flower
Kings
à Bâle en 2004... entouré d’une petite cinquantaine de personnes. Surréaliste !
Cette expérience met en lumière le chemin encore à parcourir. Alors bravo
pour tous vos efforts pour promouvoir cette musique. Cela dit, je ne connais
pas Pulsar
(je
vais combler ce retard), j’ai donc de la peine à comprendre la relation
avec « Noir et Blanc » de Lavilliers
(rires).
Interview
réalisé par Alain SUCCA
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| KOID'9
(France) - No 63 - 17 octobre 2007 |
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Il
n’est pas à proprement parler la réédition en CD de l’unique
album vinyle de ce groupe suisse francophone, paru initialement en 1977.
En réalité tous les morceaux ont été réenregistrés avec les
technologies actuelles, mais avec le souci de conserver l’état d’esprit
et les sonorités de l’époque. De là vient le numéro
« II ». Deux titres ont été ajoutés qui n’apparaissaient
pas dans l’album d’origine : « The One » et
« La petite fille de l’air », et dans un souci
perfectionniste quelques idées nouvelles ont été incorporées. Il
fallait être sacrément gonflé en 1977 pour sortir un disque pareil,
complètement à contre courant de tout ce qui se faisait à l’époque.
Je ne suis pas sûr que les ventes aient été fructueuses à l’époque,
même sur le millier d’unités éditées, et de toute façon sur un
plan purement artistique cela n’a pas grande importance.
Christian
Fues est le principal instigateur de l’entité Trocarn
dont il assure guitares, basse, claviers, programmation batterie,
synthé et chant. La voix de sa fille Melanie
est utilisée, de même que celle de Frank
Grosset
dans le rôle du « paysan ». Surtout il a pu convaincre
Christian Pidoux
(clavier et bassiste du groupe d’origine) de se joindre au projet.
Enfin,
Serge Castellano
est venu poser son saxo pour un très beau solo dans
« Jonathan ».
La
grosse voix de
Christian Fues
est très proche de celle de Christian Décamps, ce qui tend à
rapprocher Trocarn avec Ange, ou plus précisément de son cousin
vocal
Bernard Lavilliers. Dans l’ensemble
les parties vocales sans être déplaisantes ou déplacées ne m’ont
pas emballé, surtout les interventions de
Franck Grosset dans le rôle du
« Paysan ». Son interprétation trop retenue ne fait pas
preuve d’une grande conviction, on aurait aimé plus d’outrance afin
de coller au mieux à l’histoire. Cependant l’essentiel du disque
est instrumental.
La tonalité est principalement acoustique et assez dépouillée, avec
une dimension rock réduite au minimum. Il est un peu regrettable d’avoir
eu recours à des programmations rythmiques, car tant qu’à
réenregistrer d’anciens morceaux, autant faire appel à un vrai
batteur, mais je suppose que cela n’a pas été possible. Cela dit,
étant donné la dominante acoustique et atmosphérique de la musique, l’aspect
rythmique est secondaire et on oublie bien vite ce petit défaut.
Les
textes sont légers et sans prétention, parfois même un peu naïfs,
basés sur des thèmes proches de la nature et de l’imaginaire. De
tout cela émane donc un côté très romantique, poétique et hors du
temps, où l’ombre de Mike Oldfield est
souvent palpable, caractère accentué par une proximité des sons de
guitare électrique. L’emploi très fréquent de doux arpèges de
guitares, entrelacés ou non, fait penser au travail de Anthony Philips
et Steve Hackett dans les premiers Genesis.
Les claviers sous forme de nappes ou aux sonorités symphoniques
apportent une douceur et une suavité et l’on retrouve actuellement
plus souvent chez les représentants sud-américains du rock progressif
que dans nos contrées européennes. Un passage sautillant, quasiment
folklorique, sur « Le condamné - partie 3 » apporte à
un moment une petite touche bienvenue de Yann
Tiersen, ce musicien lui
aussi hors mode, compositeur entre autre de la B.O. du film
« Amélie Poulain ». L’album se termine par « Le
paysan », plus long morceau du haut de ses 22 minutes. On n’est
que moyennement convaincus de la nécessité d’une telle durée pour
une telle musique plutôt avare en rebondissement, mais aucune faute de
goût ne pointe le bout de son nez.
Vous
l’aurez compris les fans exclusifs de musique démonstrative et
débridée passeront leurs chemins. Les amateurs de progressif chanté
en français, d’atmosphères sereines introverties et de douces
mélodies caressantes devraient trouver leur intérêt parmi les 8
morceaux délicatement tissés et rafraîchis par ce mini-groupe.
Michael
FLIGNY
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| Harmonie
Magazine (France)
-
No 61 - 16 novembre 2007 |
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Et
ben mes gaillards, c’est l’époque qui veut ça ou quoi ? Une réédition
pile trente ans plus tard d’une petite perle monalisesque de chez nos
voisins francophones de Suisse ! Trocarn, appelé II mais faut pas s’y
fier, c’est bien le seul et unique album qui se voit réédité tant
d’années après sa parution confidentielle. II porte ce nom car il
s’agit d’une véritable résurrection laser d’un bon vieux vinyle,
augmenté de deux titres supplémentaires.
L’aventure
pour
Christian Fues
a commencé en juillet 2001 quand il décide de réactualiser l’album
de sa jeunesse en ressortant sa vieille guitare qui ne l’a jamais
quitté. Six ans de boulot avec le concours du bassiste et claviers
d’origine,
Christian Pidoux, de sa fille Mélanie Fues pour les voix,
Frank Grosset en narrateur et
Serge Castellano
au saxo pour enjoliver, rajouter, fignoler sur ce qui existait (mal) ou
pas à l’époque du vinyle. Joli travail de réchappage pour un album
qui ne manquait pas de joliesse, bien dans l’air du temps progressif
de 77, à la jointure du progressif qui semblait s’installer et du
punk qui n’allait pas durer. Un opus
typiquement français par son esprit, sa musique, ses dessins de
pochette et encore cette naïveté folklorique si chère au progressif
de langue française.
Oh,
Christian Fues
n’est pas non plus resté inactif durant ces trente années, témoin
ces nombreux albums solo ou sa participation à Moonchild mais c’est
au fond sa première histoire d’amour avec la musique qu’il a voulu
restituer, le son revu et corrigé à l’aune de l’ordinateur. Une
gracieuse récréation rafraîchissante
qui n’a pris que les rides que certains voudront bien y discerner plutôt
que de se laisser aller aux charmes passéistes d’un prog’folk
enchanteur.
Bruno
VERMISSE
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| ProG Résiste
(Belgique) -
No 52 - 30 avril 2008 |
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D'abord
replacer la chose dans son contexte. Son historique. Car ça en vaut
la peine. Ce n'est pas tous les jours. Un tel projet. Avec de
l'investissement. Du travail. Et du sentiment. Genre, passion. Genre,
obstination. Voire même amour, côté frissons. Et cet album m'en a
donné quelques-uns, côté échine, des frissons.
L'âme,
c'est Christian Fues (compositeur et multi-instrumentiste), co-fondateur
de TROCARN. Pour un I (1977) enregistré en 10 heures de
studio, Fues investit 6 ans de "loisirs" dans le II :
Réécriture et réinterprétation de l'album d'origine (moins un
morceau, dont l'auteur est "introuvable", plus deux morceaux
simplement "live" à l'époque), bien plus qu'un simple
réenregistrement. Résultat ? Des arrangements qui coulent comme eau
dans la main, inspirés et précis, des compositions qui s'envolent,
comme hirondelles au soleil, sensibles et peaufinées, dans la meilleure
tradition symphonique, dont Ange ou Genesis - quand ils
étaient en forme - nous ont fait profiter.
Les
perles : j'ai un faible pour le Naïf - et peu importe le
qu'en-dira-t-on, Lecteur, j'assume pleinement ce penchant
poético-lyrique : tout y est, les élans et les ardeurs, les
changements de rythme, la fougue des instruments, la candeur des textes.
De même pour la "Petite fille de l'air", qui me
transporte furieusement du côté de Musical Box. The One
surprend par son intro au violoncelle, que la cloche titille ensuite,
avant de s'envoler dans un solo digne de Steve Hackett et de
s'étourdir d'une étonnante partie de grandes orgues. Jonathan ,
avec son élégante intro au clavecin, s'articule autour d'un texte
naïf mais touchant, bercé avec douceur avec la guitare, tantôt
acoustique, tantôt électrique, épicée d'un opportun solo de
saxophone. La grosse pièce (Le paysan, 20'37) nécessite une
écoute "à la lorgnette" pour se transformer en (très) belle
pièce, en particulier pour intégrer les parties vocales moins
immédiatement (mais on a le temps, Lecteur) probantes.
Au
bilan ? Pour faire le difficile, on peut regretter l'absence d'une vraie
batterie. Mais avant tout, on (re-)découvre là un splendide album, un
cru de 30 ans d'âge, sorti de son fût, révisé et enrichi par la
patience entêtée de son créateur.
B.
VINCKEN
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| IOPages (Hollande)
-
No 79 - 30 avril 2008 |
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Trocarn
is een Frans / Zwitserse progband die in 1977 hun enige gelijknamige
album uitbrachten. Sinds 2001 is Christian Fues (gitaar, bas, toetsen,
drumprogramming en zang) bezig met een heruitgave van die plaat. In
plaats van de originele opnamen op te poetsen,
koos
hij er voor om de muziek opnieuw op te nemen, gebruik makend van de
huidige technologie. Heeft hij hier slim aan gedaan? Nou, ja en nee.
Ik
ken de LP niet maar het had me wel leuk geleken om
vergelijkingsmateriaal in handen te hebben, bijvoorbeeld in de vorm van
een bonus-CD. De muziek ademt nog wel de sfeer uit van de jaren 70, maar
het klinkt voor mij op deze manier allemaal net iets té gekunsteld.
Twee voorbeelden: de drums komen uit een doosje, de viool in het
openingsstuk Le Naïf is gesampled. Ik vind dat een beetje jammer want
de muziek is zeer behoorlijk. Het is sterke symfo met mooie melodieën
en goed gespeelde instrumentale passages. Zang (van Christian Fues en
Melanie Fues) wordt sporadisch ingezet. Van de oude band is, naast Fues,
alleen toetsenman
Christian
Pidoux over en die speelt nog niet eens op alle nummers mee.
V
ooral een nummer als La Petite Fille de L’Air, dat niet op de LP staat,
kent een aantal
prachtige
onderdelen. Jonathan klinkt jazzy door de toevoeging van saxofoon. Dat
had van mij niet zo gehoeven: het overheerst de muziek direct zo.
Hoogtepunt is het lange, bijna 21 minuten durende La Paysan dat zeer
afwisselend is met gave gitaarsolo’s en een fraai einde. Het is een
mooi initiatief om deze sterke muziek weer uit te brengen maar
persoonlijk zou ik het toch iets anders hebben gedaan.
Paul
RIJKENS
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